#Mondochallenge : Quelle rentrée des classes en Haïti ?

Crédit: PxHere

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Ce lundi 4 septembre, c’est la rentrée en Haïti. Si, certains enfants regagnent véritablement leur salle de classe, d’autres ne savent même pas quand ils auront la chance de faire leur « back to school ». Pour cause, la situation économique difficile des parents notamment.

Pendant ce temps, le gouvernement se vante de « nouvelles dispositions » prises en vue de la réussite de l’année scolaire. Programme de subvention et de dotation d’ouvrages scolaires, réhabilitation de la signalisation et des infrastructures routières, désenclavement et système d’éclairage des rues… bravo l’Etat, vous avez BEAUCOUP fait. La réussite de la nouvelle année est pleinement garantie. Même si dans les rues, ces dispositions n’ont pas toutes été réellement constatées.

Une rentrée sur fonds de crise

Il faut rappeler que la rentrée est annoncée cette année sur fond de crise. Qui ne se rappelle pas que l’année scolaire de l’année dernière n’a pas été bouclée à cause de mouvements de grève d’enseignants et/ou d’élèves ? En fait, l’on doit ici préciser qu’il est surtout question des écoles publiques. Les lycéens des classes à examens officiels ont dû, pour la plupart, volé de leurs propres ailes afin de tenter leurs chances aux examens d’Etat.

C’est dans tout le pays que des enseignants se sont soulevés contre un « système éducatif boiteux qui ne parvient même pas à les offrir le strict minimum pour vivre. C’est le ministre de l’Education nationale lui-même qui a déclaré au parlement (mai 2017) que près de 2700 enseignants, détenant leur lettre de nomination, travaillent chaque jour sans être rémunérés. C’est encore le ministre qui a reconnu que près de 3000 personnes enseignent dans le système sans nul statut.

Des directeurs d’écoles du Programme de Scolarisation universelle gratuite et obligatoire (PSUGO) de l’ancien président élu n’ont pas cessé d’exiger au gouvernement de leur payer. À cette date, la dette de l’État quant à ce programme s’élève à 3 milliards de gourdes, soit plus de 45 millions de dollars américains.

Outre cela, les problèmes récurrents du système éducatif haïtien sont loin d’être résolus. Nomination des enseignants, paiement d’arriérés de salaire… les mêmes problèmes continuent de menacer la nouvelle année académique.

La rentrée : casse-tête pour les parents

Ce lundi 4 septembre est loin d’être la rentrée de tous les écoliers. Même à Port-au-Prince, le nombre des écoles qui rouvrent leurs portes sont minimes. Il faut préciser que cette situation n’a rien de surprenant en Haïti. Les années antérieures en disent long. Les rentrées scolaires sont toujours l’affaire exclusive d’un petit groupe. Quel est le problème ?

D’abord, la situation économique des parents. Non, ce n’est pas que ces derniers ne connaissent pas l’importance de l’école dans la vie de leurs enfants. Au contraire, la rentrée est souvent une période de stress et de casse-tête pour les parents haïtiens.

Ils ne ratent jamais la moindre occasion de dénoncer les autorités qui ne leur accordent aucune subvention ou tout autre accompagnement pour la rentrée. Quand on leur parle, ils voudraient tous envoyer leurs enfants à l’école dès le premier jour. Mais, expliquent-ils, leur situation économique leur joue des tours. Certains racontent qu’ils doivent encore de l’argent dans les directions d’écoles sur l’ancienne année académique.

Pour certains enfants (un grand nombre), la rentrée est peut-être dans deux semaines. Dans trois ou quatre pour d’autres. Il y a également cette pratique en Haïti qui vise à envoyer les enfants à l’école au mois de janvier. Juste parce que les parents sont pauvres. Ils ne disposent que de la volonté d’envoyer leurs enfants à l’école.

La non-assistance de l’État retarde également la rentrée de certains enfants. Chaque année l’on parle de subvention sur les manuels scolaires. Mais en réalité, les prix des ouvrages ne cessent d’augmenter. L’année dernière, c’est après plusieurs semaines de classe que cette dite subvention a été effective. Pour cette année, elle reste jusqu’à présent incertaine.

Une école à plusieurs vitesses

Dans une situation pareille, l’école haïtienne fonctionne à plusieurs vitesses. Pour une série d’enfants, l’école consiste à passer dix mois en salle de classe. Tandis que pour d’autres, c’est 8 mois ou encore moins. L’on comprendra que ceux-ci n’auront jamais le même type de formation que les premiers.

Et pourtant, en fin d’année, tout le monde va subir les mêmes examens officiels. Donc, les performances ne seront jamais les mêmes. C’est pourquoi, très souvent, beaucoup se réfèrent à la tricherie aux examens d’État. Nombreux sont ceux qui cherchent à réussir, mais peu ont réellement cette chance. Car tous n’ont pas reçu la même préparation. Le taux de réussite (30,74%) aux derniers examens du baccalauréat en dit long.

L’on ne cesse de clamer que l’éducation élève l’homme à la dignité de son être. Cependant, à bien observer le système éducatif haïtien, l’on peut se demander si les autorités de chez nous saisissent réellement le sens de cette citation.

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