M. le président, pensez au changement climatique

Sharing is caring!

 Les effets du changement climatique sont partout visibles en Haiti. Le pays subit  déjà sévèrement les effets du phénomène. Cette nouvelle réalité climatique doit nécessairement être prise en compte dans les politiques publiques en Haïti. En fait, si l’on pense réellement à un développement durable dans le pays.

Le premier mai dernier, Jovenel Moïse, président d’Haïti, a lancé, dans un élan de fierté, ce qu’il appelle la « caravane du changement ». Le chef de l’État a drainé tous les projecteurs vers le département de l’Artibonite (Nord de la Capitale) pour cet événement.

Ladite caravane, selon le gouvernement, devra permettre à Haïti de redorer son blason sur le plan économique. On la vend comme étant capable de favoriser la relance agricole dans le pays.  Cette initiative du président aurait permis aux haïtiens de manger à leur faim, dit-on.

Une vaste campagne médiatique accompagne cette caravane dont le lancement a coûté près de 97 millions de gourdes au pays. Comme si clamer le changement suffit pour le rendre effectif.

Une campagne de m’as-tu vu ?

Que peut-on espérer de la caravane de changement du gouvernement haïtien? Rien, auraient répondu certains se souvenant du fameux « gouvènman lakay ou » (le gouvernement chez vous). Cette initiative du père politique de Jovenel Moïse, à savoir Joseph Michel Martelly, a provoqué la grogne de nombreux haïtiens. Dans ce texte, l’on préfère répondre qu’on n’en sait rien. Effectivement, l’on n’en sait rien.

Cependant, l’on est au moins certain que le développement d’un pays ne se fait pas de palabres ou de grandes campagnes de m’as-tu vu. L’on est tout aussi certain qu’on ne pourra pas développer un pays de façon durable par des actions isolées, aussi bonnes qu’elles soient, qui ne s’inscrivent pas dans une politique de développement globale.

Le changement climatique menace l’agriculture

L’on est aussi certain que le changement climatique s’installe déjà en maître en Haïti. S’il ne fait pas partie des grands émetteurs de gaz à effet de serre, Haïti fait néanmoins partie des pays les plus vulnérables face au CC. Le pays est même classé parmi ceux-là qui sont les plus en manque de capacités d’adaptation face à ce phénomène planétaire.

N’en déplaise aux climato-sceptiques, l’on sait que le changement climatique peut avoir des conséquences désastreuses sur notamment l’agriculture. Au fait, le changement climatique peut varier les saisons créant un dérèglement dans la fréquence des pluies. En outre, il peut provoquer des changements dans les précipitations, et l’augmentation des températures peut augmenter les besoins en eau des cultures. Dans un pays comme Haïti, cela devient plus compliqué.

Un pays toujours à bout de souffle

 Tout le monde sait qu’Haiti est placé sur le chemin des cyclones et des ouragans. Chaque année, le pays se retrouve à la merci des phénomènes météorologiques extrêmes. Les infrastructures routières et agricoles non adaptées à la réalité écologique du pays, ces phénomènes sont très souvent à la base de grandes inondations. Des pertes énormes au niveau du bétail et dans l’agriculture sont toujours enregistrées. Ce qui laisse toujours un pays à bout de souffle.

L’inquiétant est qu’avec le changement climatique les phénomènes météorologiques extrêmes sont appelés à être amplifiés au fur et à mesure. Cela dit, pour un pays (comme Haiti) qui se retrouve sur la trajectoire des cyclones, il y a de quoi à s’inquiéter. En conséquence, penser agriculture en Haiti, à l’heure actuelle, renvoie à penser à la prise en compte de l’ensemble de ces risques.

Penser une agriculture durable

En fait, au lieu d’attirer les projecteurs, le président haïtien doit de préférence penser une agriculture durable. Car, tout projet agricole pour Haïti, aussi bien élaboré qu’il soit, risque de ne porter aucun résultat, s’il ne prend pas en compte le changement climatique. On peut toujours se vanter de quelques résultats ponctuels, mais leur pérennisation demeurera incertaine.

Il est bien beau quand on demande aux communautés haïtiennes d’avoir la culture du risque. Mais, l’on devrait d’abord être capable de constater celle-ci dans les programmes et les projets du gouvernement. Jovenel Moïse doit se le rappeler. Penser le développement durable en Haïti doit passer par la prise en compte de la réalité écologique et climatique du pays.

Sharing is caring!

Ajouter un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

shares