Début de la saison cyclonique en Haïti : quand les autorités n’acceptent pas la réalité

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Comme d’habitude, le 1er juin a marqué le début de la saison cyclonique en Haïti. L’occasion pour les autorités d’inviter la population à garder le calme, « tout est sous contrôle », essaient-elles d’infuser dans la tête des gens… Mais la réalité, à chaque coin de rue, donne une toute autre impression.

C’est par une « belle » cérémonie que le gouvernement haïtien a officiellement lancé, jeudi 1er juin, la saison cyclonique. Une cérémonie qui a réuni les représentants des trois pouvoirs de l’État, dont le chef de l’État et les présidents des deux chambres. Les maires de certaines communes de la zone métropolitaine de Port-au-Prince étaient également de la partie. Finalement, ministres, maires, premier ministre et président de la république, tous les hauts gradés étaient là pour faire croire à la populace qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter. Tantôt les autorités se vantent d’avoir fait déjà beaucoup pour préparer et anticiper la saison, tantôt elles promettent à la population de l’assister au cours de cette période tant redoutée. Où est la cohérence ?

Des mesures qui ne rassurent pas la population

Le ministre de l’Intérieur et des Collectivités territoriales, Max Rudolph Saint-Albin, a fait part de tout un ensemble de mesures prises par le gouvernement en préparation à la saison, « les actions de préparation pour la saison cyclonique, tant au niveau central que départemental, ont été initiées dès les premiers mois de l’année et se poursuivront tout au long de la saison », a-t-il affirmé.

Le ministre a annoncé, entre autres, l’organisation d’ateliers de travail, l’élaboration du plan de contingence national pour 2017, la poursuite de la sensibilisation de la population, l’identification de la liste des abris provisoires, le renforcement des comités communaux de la protection civile et de leurs brigadiers, etc.
De son côté, le président de la république, Jovenel Moise, a voulu rassurer la population : « je serai à vos côtés avec tout le gouvernement pour vous accompagner pendant toute cette période préoccupante », a-t-il annoncé. Une promesse que le président de la république ne pourra pas tenir seul : « j’encourage les acteurs étatiques et la Société civile à travailler ensemble et à redoubler de vigilance », a-t-il réclamé.

La supercherie des autorités

De son côté la mairie de Port-au-Prince n’a pas mâché ses mots. « Nous sommes prêts », ont dit les responsables de la mairie de la capitale. Une belle supercherie pour certains… un coup d’œil dans les rues de la capitale suffit pour désapprouver les autorités. Pour rappel : huit mois après le passage de l’ouragan Matthew, des milliers de gens vivent encore dans des maisons de fortune dans le grand sud du pays. De très nombreuses personnes souffre de malnutrition dans cette région. Sans compter que toutes les infrastructures routières et agricoles ont été sévèrement touchées par l’ouragan. Le bâti s’est fragilisé à un point tel que la moindre petite rafale est à redouter.

À Port-au-Prince et dans certaines communes avoisinantes, comme Tabarre et Cité-Soleil (Nord de la Capitale), les moindres gouttelettes de pluie plongent la population dans la galère, les déchets obstruent la plupart des canaux. Deux heures de pluie suffisent pour que des quartiers de la capitale, comme Martissant, La saline, Cité de l’Éternel, soient impraticables.

La question qui fâche

Récemment, il y a un mois de cela, de nombreuses zones de la capitale ont été inondées. La population se plaint de n’avoir reçu aucune aide jusqu’à présent. Les habitants des zones inondées affirment que les autorités ne leur ont point tendu la main. Cela pousse la population à prendre comme du charabia les promesses du gouvernement pour cette saison cyclonique, qui prendra fin le 30 novembre.
La question qui se pose est simple : comment un gouvernement, qui n’a pas pu répondre aux urgences des populations sinistrées lors de la saison antérieure, peut les protéger cette saison ? Ou encore, comment un État qui ne peut répondre aux urgences occasionnées par deux heures de pluie peut-il secourir la population pendant une période cyclonique qui va durer six mois ?

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